Le projet LNG Canada franchit une étape déterminante dans la mise en service de son réservoir de stockage GNL :...
« Ce que j’aime, c’est faire de la conception. » Derrière cette phrase se cache un métier qui va bien au-delà du dessin industriel.
Le travail commence dès les premières phases du projet. À partir des données disponibles et des schémas techniques, les équipes définissent d’abord les grandes orientations de l’installation : où positionner les équipements ? Comment organiser les réseaux ? Comment permettre leur construction, leur accès et leur maintenance ?
Vient ensuite l’installation générale, une étape déterminante car elle oblige à regarder le projet dans son ensemble. Tuyauterie, structure, électricité, instrumentation : les différentes disciplines doivent pouvoir cohabiter dans une même installation.
« Une solution chez moi qui vient casser le travail des autres, ce n’est pas forcément une bonne idée », résume Xavier.
C’est précisément là que réside une grande partie de la valeur du métier : concevoir une solution techniquement juste pour sa discipline, tout en étant compatible avec toutes les autres.
Pour construire cette vision globale, les projeteurs d’Entrepose Contracting travaillent avec des outils de modélisation 3D métier intelligents, adaptés aux installations industrielles. Ils permettent de positionner les équipements et les réseaux, de travailler sur leurs interfaces et d’accéder rapidement aux informations utiles à la conception.
L’objectif n’est pas de produire une représentation esthétique du futur ouvrage. Le modèle est avant tout un outil de travail : il permet de tester la cohérence de l’installation avant sa construction et de faire évoluer progressivement la conception. À mesure que le projet avance, les grandes orientations laissent place aux études de détail.
Et à ce stade, rappelle Xavier, « on ne peut plus travailler seul ».
Le chef de groupe projeteur coordonne alors le travail de plusieurs projeteurs et veille à la cohérence de la conception.
Un projet industriel n’est jamais figé après les premières études. Les données des fournisseurs arrivent progressivement. Un équipement peut présenter des dimensions différentes de celles initialement envisagées. Une interface doit être adaptée. Une nouvelle information peut nécessiter de revoir une partie de l’installation. Il faut alors revenir au modèle, vérifier les conséquences du changement et s’assurer qu’il ne génère pas de nouveaux problèmes ailleurs.
Cette interaction permanente entre engineering, fournisseurs et projet fait partie du quotidien du projeteur.
C’est peut-être là que le métier prend sa dimension la plus concrète. Xavier donne un exemple simple : une conduite souterraine est prévue selon un tracé défini pendant les études. Sur le chantier, un élément non identifié est découvert dans le sol. Contourner l’obstacle paraît évident. Techniquement, cela l’est beaucoup moins.
Modifier le tracé peut avoir des conséquences sur les supports, les contraintes mécaniques, les écoulements ou encore les pertes de charge. La nouvelle solution doit également rester compatible avec les structures et les autres réseaux. Le chantier revient alors vers l’ingénierie. Projeteurs, ingénieurs et calculateurs travaillent ensemble pour vérifier les conséquences de la modification et proposer une solution techniquement justifiable.
La modélisation retrouve ici sa vocation première : anticiper avant de construire et résoudre lorsque la réalité du terrain impose de s’adapter.
Une grande partie de la conception industrielle est encadrée par des règles, des normes et des méthodes éprouvées. Xavier estime que l’imagination devient surtout essentielle lorsque survient un problème qui sort du cadre prévu.
La première qualité reste donc, selon lui, la curiosité.
« Il faut être intéressé par la conception, il faut être curieux. »
Comprendre pourquoi une installation est conçue de telle manière, s’intéresser au travail des autres disciplines et confronter les études à la réalité du terrain permettent de progresser.
Son parcours illustre aussi une caractéristique des métiers d’Entrepose Contracting : derrière un modèle 3D ou un plan se trouve toujours un ouvrage qui devra un jour être fabriqué, assemblé et exploité.
Pour celles et ceux qui aiment passer d’un problème technique à une solution concrète et voir progressivement un projet prendre forme, le métier de projeteur offre un point de vue particulièrement privilégié sur la construction des grandes infrastructures énergétiques.

Docteure en chimie, Gabriela Victoria Santa Cruz Bustamante a choisi l’ingénierie plutôt que la recherche. Aujourd’hui directrice du projet Cartagena GLP chez Entrepose Contracting, filiale de VINCI Construction Grands Projets, elle pilote des opérations techniquement complexes. Retour sur un parcours d’évolution et sur les méthodes

Un réservoir cryogénique ressemble, de loin, à une grande capacité de stockage. De près, c’est autre chose : un système industriel critique où une erreur de conception se paie sur quarante ans d’exploitation. À −162 °C pour le GNL, jusqu’à −253 °C pour l’hydrogène liquide,