Le projet LNG Canada franchit une étape déterminante dans la mise en service de son réservoir de stockage GNL :...
En un coup d’oeil
EPC, consortium Entrepose Contracting / VINCI Construction Grands Projets / ORASCOM (Entrepose chef de file, ≈ 60 %)
Le complexe gazier de Skikda est l’une des installations majeures de liquéfaction de Sonatrach, alimenté par le gaz en provenance du champ de Hassi R’mel. Le projet d’extension visait à accroître les capacités de stockage et d’exportation de GNL et de GPL (gaz de pétrole liquéfié), renforçant ainsi la position de l’Algérie comme acteur majeur de l’approvisionnement gazier méditerranéen et européen.
Quel était votre rôle sur le projet Skikda ?
Je suis arrivé en cours de projet comme directeur de projet, alors que les fondations et les murs béton étaient déjà en construction. Le chantier était structuré, mais il restait encore une part importante des travaux à réaliser.
Notre périmètre comprenait plusieurs ouvrages construits simultanément : un réservoir GNL, deux réservoirs GPL et une sphère.
Quelle était la principale particularité de ce chantier ?
Nous intervenions dans le cadre de la reconstruction d’un complexe gazier qui restait partiellement en exploitation. Le gaz continuait à arriver sur le site pendant les travaux.
À proximité immédiate de notre zone, une torchère d’environ trente mètres pouvait se déclencher sans préavis pour évacuer un surplus de gaz. Les flammes et surtout la chaleur dégagée faisaient partie des contraintes avec lesquelles nous devions composer au quotidien. Le projet a également beaucoup mobilisé les compétences locales.
Comment cela s’est-il organisé ?
Nous nous sommes fortement appuyés sur Entrepose Algérie, qui recrutait les équipes locales et apportait aussi des collaborateurs expérimentés venant d’autres projets dans le pays.
Il fallait cependant former une partie importante du personnel. Nous avons notamment créé une école de soudage. Pour constituer une équipe d’environ une centaine de soudeurs capables de travailler sur le projet, nous avons dû former un nombre beaucoup plus important de candidats.
Au-delà du chantier lui-même, cette démarche permettait de transmettre des compétences qui pouvaient ensuite être réutilisées sur d’autres projets.
Y a-t-il une opération qui illustre particulièrement le savoir-faire terrain nécessaire sur ce type de projet ?
Le montage de la sphère est un bon exemple. Sur le papier, les séquences de montage et de soudage sont définies très précisément. Mais dans la réalité, le soudage, la chaleur ou l’exposition au soleil peuvent provoquer des déformations.
C’est à ce moment-là que l’expérience des superviseurs et des équipes de construction devient essentielle. Certaines situations ne peuvent pas être entièrement décrites dans une procédure : il faut avoir déjà rencontré ce type de problème pour savoir comment ajuster et terminer l’ouvrage correctement.
Qu’est-ce que Skikda vous a appris, au-delà de la technique ?
L’importance de la transmission. Nous avions des superviseurs et des contremaîtres qui avaient construit des réservoirs toute leur vie. Leur savoir venait autant de leur expérience que des procédures.
Un retour d’expérience écrit est indispensable, mais il ne peut jamais raconter tout un chantier. Une entreprise conserve aussi son savoir-faire en permettant aux personnes expérimentées de transmettre ce qu’elles ont appris d’un projet à l’autre.
Skikda m’a également rappelé combien la dimension humaine compte lorsque les équipes vivent ensemble pendant plusieurs années. Dans un environnement contraint, maintenir la cohésion, les échanges et une vie collective fait aussi partie du rôle du management.