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DAMIEN POUMAER, TECHNICIEN METHODE

20/10/2026

– LOGISTIQUE CHANTIER : QUAND CHAQUE PIECE COMPTE – Sur un chantier industriel international, recevoir un équipement ne signifie pas nécessairement qu’il est prêt à être utilisé. Un certificat manquant, une pièce non conforme ou un problème de dédouanement peuvent compliquer l’avancement des travaux. Pour éviter ces situations, une fonction essentielle intervient à l’interface entre le siège et le terrain : la logistique chantier. Damien Poumaer, technicien méthode en logistique chantier chez Entrepose Contracting, nous fait découvrir un métier où rigueur technique, anticipation et relations humaines sont indissociables

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BIEN PLUS QUE RÉCEPTIONNER DU MATÉRIEL

Sur un chantier de construction de réservoirs de gaz naturel liquéfié (GNL), des milliers d’équipements, de composants et de matériaux doivent être réceptionnés, contrôlés et mis à disposition des équipes.
Derrière cette organisation, un enjeu : garantir que chaque élément est conforme aux exigences du projet et peut être utilisé dans les bonnes conditions.
C’est précisément le rôle qu’a exercé Damien Poumaer chez Entrepose Contracting, filiale de VINCI Construction Grands Projets.
« Mon rôle consiste à m’assurer que le matériel arrive sur site dans les bonnes conditions, qu’il est conforme, bien documenté et disponible au moment où les équipes en ont besoin, » explique Damien Poumaer.

À l’interface entre les achats, la logistique, la qualité et les équipes opérationnelles, Damien assure le lien entre les approvisionnements pilotés depuis le siège et les besoins réels du chantier.
Son intervention commence dès la réception : contrôler l’état des équipements, identifier les éventuels dommages ou éléments manquants, vérifier les certificats matière et s’assurer de leur correspondance avec les documents techniques.
En cas d’anomalie, il faut la signaler, la documenter et coordonner sa résolution avec les interlocuteurs concernés. Les équipements non conformes doivent être identifiés et isolés pour éviter toute utilisation inappropriée.
Un travail méthodique, indispensable à la continuité des opérations.

LA TRAÇABILITÉ : SAVOIR D’OÙ VIENT CHAQUE PIÈCE ET OÙ ELLE VA

Dans la construction d’infrastructures énergétiques, le suivi du matériel ne se limite pas à un simple inventaire.
Chaque composant doit pouvoir être identifié, rattaché à sa documentation technique et suivi jusqu’à son utilisation.
Cette traçabilité contribue directement à la maîtrise de la qualité des ouvrages.
Sur les projets de réservoirs GNL, les exigences documentaires sont particulièrement importantes : les certificats matière, les contrôles de conformité et les documents d’inspection alimentent le dossier qualité final de l’installation.
Un équipement dont l’origine ou la conformité ne peut être établie peut devenir un problème pour la suite des travaux.
« Sans traçabilité, on ne sait pas précisément d’où vient une pièce, à quoi elle est destinée, ni dans quelles conditions elle a été utilisée. »
Cette vigilance permet également aux équipes de disposer des informations nécessaires lors des inspections, des vérifications et de l’élaboration de la documentation finale du projet.
La rigueur documentaire prend alors tout son sens : elle relie les opérations quotidiennes du chantier aux exigences de qualité de l’ouvrage livré.

À L’INTERNATIONAL, ANTICIPER L’IMPRÉVU FAIT PARTIE DU MÉTIER

Dunkerque, Yamal en Russie, LNG Canada… Le parcours de Damien l’a conduit sur des projets aux environnements et aux modes d’organisation très différents.
Chaque chantier possède ses contraintes logistiques, réglementaires et opérationnelles. Les distances, les procédures douanières, les conditions climatiques ou encore l’organisation des sous-traitants imposent une capacité d’adaptation permanente.
Damien se souvient notamment d’une difficulté rencontrée sur un chantier en Russie.
Une grue de grande capacité, nécessaire à des opérations de levage, devait être acheminée sur site par bateau. Mais à son arrivée au port, les formalités de dédouanement n’étaient pas finalisées.
Impossible de transférer directement l’ensemble des équipements vers leur zone de destination.
Pour éviter d’immobiliser davantage le navire, les équipes ont dû organiser le déchargement et le stockage temporaire des éléments sur le quai, avant de pouvoir poursuivre leur acheminement.
Cette situation illustre une réalité des chantiers industriels internationaux : un problème documentaire peut rapidement devenir une contrainte opérationnelle.
Elle souligne également un enjeu de sécurité. Chaque manutention supplémentaire d’équipements volumineux nécessite de nouvelles opérations de levage, de déplacement et de coordination.

Anticiper les formalités, contrôler les documents et coordonner les intervenants permet ainsi de limiter les perturbations et les manipulations inutiles.

LE FACTEUR HUMAIN, INDISPENSABLE À LA RÉUSSITE DES OPÉRATIONS

Au fil de ses expériences, Damien a développé une conviction : la maîtrise technique ne suffit pas à faire avancer un chantier.
En Russie comme au Canada, il a dû apprendre à travailler avec des équipes locales, comprendre leurs pratiques professionnelles et s’adapter à des organisations différentes.
Les contraintes du chantier, les habitudes de travail et les relations entre intervenants changent d’un pays à l’autre. La qualité des échanges devient alors essentielle pour résoudre les difficultés.
Écouter, expliquer, créer un climat de confiance et respecter le rôle de chacun : autant de compétences qui facilitent la coordination au quotidien.
Pour Damien, cette dimension collective n’est pas secondaire. Elle est au cœur de son approche professionnelle.
La logistique chantier est donc aussi un métier de relations humaines. Il faut savoir dialoguer avec les achats, les fournisseurs, les responsables qualité et les équipes de construction, parfois dans l’urgence, tout en conservant un objectif commun.

DU MATERIAL CONTROL AU PROJECT CONTROL : EVOLUER GRACE AU TERRAIN

Après près de treize années chez Entrepose Contracting au moment de son témoignage, Damien poursuit son évolution professionnelle.
Son expérience en matériel control lui a permis de comprendre très concrètement les interactions entre les approvisionnements et l’exécution des travaux.
Lorsqu’un équipement manque ou qu’une livraison prend du retard, les conséquences peuvent dépasser la gestion du matériel : il faut parfois revoir les priorités, réorganiser les interventions ou modifier le séquencement des opérations.
Cette vision transversale l’a progressivement conduit à s’intéresser au planning et au project control, domaines vers lesquels il développe aujourd’hui ses compétences.
Une évolution motivée par sa curiosité et son envie de mieux comprendre les différentes dimensions d’un projet.
Pour lui, apprendre des autres métiers est essentiel. Ingénierie, achats, construction, planification : chaque discipline apporte une partie de la réponse aux défis rencontrés sur site.
Cette ouverture permet de dépasser les frontières d’une spécialité pour mieux appréhender le fonctionnement global d’un projet EPC.

UN CONSEIL AUX JEUNES PROFESSIONNELS : APPRENDRE SUR LE TERRAIN

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