Yamal LNG — 4 réservoirs GNL de 160 000 m³

4 réservoirs GNL de 160 000 m³

En un coup d’oeil

4 réservoirs GNL full containment de 160 000 m³ chacun (cuve interne 9 % Ni, enceinte béton précontraint), Ø 77 m × H 52 m.
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livraison

Contrat

EPC contrat direct avec le propriétaire, JV Entrepose Contracting / VINCI Construction Grands Projets (Entrepose chef de file, 50 %)

Maîtrise d'ouvrage

Construction

Juin 2013 – Déc. 2017 (54 mois)

Localisation

Sabetta, péninsule de Yamal, Russie
Présentation du projet

Contexte & Enjeux

Yamal LNG est l’un des projets GNL les plus ambitieux et complexes jamais réalisés. Situé à 71°15′ N dans l’Arctique russe, le terminal exploite les vastes réserves gazières du champ de Tambey-Sud (907 milliards de m³). La construction d’une usine de liquéfaction de 16,5 Mt/an dans des conditions extrêmes représente un défi technique majeur. Entrepose Contracting et VINCI Construction Grands Projets ont conçu, construit et mis en service quatre réservoirs cryogéniques, démontrant leur capacité à mener à bien des projets de classe mondiale dans les environnements les plus hostiles.

Défis du projet & réponses techniques

• Environnement arctique extrême : températures jusqu’à -57°C, nuit polaire de novembre à janvier, permafrost ; mise au point de méthodes de construction innovantes adaptées au climat polaire.
• Isolement géographique : accès maritime limité à 3-4 mois par an via la Route Maritime du Nord ; organisation logistique exceptionnelle avec préfabrication massive d’équipements et transport par convois maritimes.
• Excellence opérationnelle : livraison à temps et conformément aux spécifications dans le respect absolu des règles de sécurité ; reconnaissance internationale pour la performance du consortium.

Regard du terrain

Etienne Mear

Directeur de projet

Dans un environnement comme Yamal, il faut accepter de ne pas avoir toutes les réponses au départ

Quel était votre rôle sur Yamal LNG ?
J’ai rejoint le projet dès 2012, pendant les dernières négociations commerciales, avant d’être nommé directeur de projet. Cette implication très en amont m’a permis de comprendre rapidement les enjeux d’un projet hors norme : quatre réservoirs GNL à construire dans le Grand Nord russe, dans un environnement que nous connaissions encore peu.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué en arrivant à Sabetta ?
L’isolement. Le site était très peu équipé pour accueillir un chantier de cette ampleur. Il fallait créer les conditions mêmes du projet : installer le camp, organiser les rotations, acheminer les équipements et adapter le matériel au froid.
Nous avons aussi très vite compris qu’il fallait écouter ceux qui connaissaient déjà cet environnement. Le travail avec notre partenaire russe Velestroy a été essentiel pour transformer notre préparation théorique en une organisation réellement adaptée au Grand Nord.

Comment construit-on dans des conditions arctiques aussi extrêmes ?
Il faut accepter de remettre en cause ses habitudes. Au départ, nous pensions concentrer l’essentiel des travaux pendant l’été, mais cette période est beaucoup trop courte.
Nous avons donc appris à travailler toute l’année. Et, paradoxalement, certaines opérations étaient plus simples à –20 °C qu’en été : lorsque le sol est gelé, les engins circulent mieux que dans la boue. Toute l’organisation du chantier devait s’adapter aux saisons.

Y a-t-il une phase du chantier qui résume particulièrement bien la pression du projet ?
Oui, la construction des deux premiers murs en coffrage glissant. Nous avions une fenêtre très courte pour les réaliser : si nous la manquions, le projet risquait d’être décalé d’un an.
Le second mur a finalement été terminé début octobre, alors que les températures devenaient déjà très contraignantes. Cette séquence résume bien Yamal : beaucoup d’anticipation, une forte mobilisation des équipes et la nécessité de savoir décider vite.

Qu’est-ce que Yamal vous a appris, au-delà de la technique ?
L’humilité et la confiance dans les équipes. Sur un projet comme celui-là, on ne peut pas avoir toutes les réponses dès le départ. Il faut accepter une part d’incertitude, savoir s’adapter et parfois décider très vite.
Les conditions étaient difficiles, mais elles ont aussi créé une très forte solidarité. Yamal reste pour moi une véritable aventure humaine : un projet dur, mais passionnant, où nous avons collectivement accompli des choses que nous n’aurions peut-être pas imaginé pouvoir réaliser au départ.

De la construction à l’expertise EPC intégrée au service de l’énergie de demain